Importance des histoires

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes n’ont pas accès aux Aînés et aux conteurs qui pourraient leur apprendre nos traditions. Les familles sont dispersées. Les modes de vie ont changé. Une nouvelle génération de conteurs émerge parmi les Premiers Peuples. Ces conteurs utilisent l’art, la musique, la danse, le cinéma, la télévision, les livres et Internet. Beaucoup d’entre nous font également ce qu’ils peuvent pour apprendre nos langues autochtones, nos cérémonies traditionnelles et notre musique. Cette démarche revêt une grande importance, si nous voulons retrouver nos identités et honorer nos responsabilités envers les sept prochaines générations. Voici ce que d’autres personnes disent à ce sujet.

Apprendre le cri

Il est important que mes enfants apprennent la langue de leurs ancêtres et leur histoire, mais cela est difficile, car nous vivons très loin des Aînés de notre famille en Alberta. Mes enfants n’auront pas accès aux expériences que j’ai vécues auprès de ma grand-mère quand j’étais enfant. Mon mari et moi leur parlons cri dans la mesure de notre maîtrise de la langue. Nous apprenons aussi le cri à la maison à l’aide de cassettes audio et de dictionnaires. Nous fréquentons des camps culturels et linguistiques au printemps et en été. Le téléphone est un moyen pratique de parler aux membres de la famille lorsque nous avons des questions, mais nous n’apprenons pas d’histoires culturelles au téléphone.

Bien que nous ayons accès à des endroits pour en apprendre davantage sur les cérémonies, les langues et la culture des peuples autochtones, rien ne se compare aux histoires entendues autour d’un feu ou sur les genoux d’un grand-parent. Mon endroit préféré pour écouter des histoires était dans le cercle formé par les bras de ma grand-mère. Elle me câlinait et me tapotait le dos. Parfois, elle me chantait des chansons. D’autres fois, elle me racontait des histoires. Ce sont ces moments-là que j’aimerais que mes enfants aient l’occasion de vivre.

À propos des savoirs traditionnels

Même si j’habite loin du territoire des Pieds-Noirs, j’ai appris à respecter et à suivre les coutumes et les enseignements traditionnels des Pieds-Noirs. Le fait de vivre, de travailler et d’étudier dans des mondes sans aucun lien avec ces coutumes me mène à une lutte constante pour l’atteinte d’un équilibre dans ma vie personnelle et professionnelle. J’ai appris par moi-même que si je veux survivre, je dois garder ces coutumes et ces enseignements près de mon cœur et ne jamais les perdre, au risque de me perdre moi-même. Mais en même temps, je dois trouver un équilibre entre ce qui fonctionne pour moi dans ma vie et ce qui fonctionne dans mon environnement, en dehors de ma communauté. C’est là que les connaissances traditionnelles se heurtent de plein fouet avec le monde d’aujourd’hui. Je pense que c’est à ce niveau que les peuples autochtones, en particulier les jeunes, sont confrontés aux défis qui sont les plus difficiles, mais aussi les plus importants. En tant qu’homme autochtone travaillant dans le secteur culturel, je considère que nous vivons aujourd’hui un moment crucial pour la sauvegarde de nos langues, de nos histoires et de notre culture. Mais il s’agit aussi d’une époque passionnante pour les créateurs et artistes autochtones.

Jonathan Breaker
Pied-Noir/Cri
Nation Siksika, Confédération des Pieds-Noirs

Changements culturels

Les Inuits comptent de nombreuses pratiques traditionnelles qui redeviennent populaires chez les jeunes. Les chants de gorge, le tambour et les chants ayaya étaient les formes de musique les plus courantes dans le Nord. Ces pratiques ont été perdues pendant plusieurs années à cause des pensionnats indiens. Très peu d’Aînés sont parvenus à en conserver la maîtrise.

À présent, les chants de gorge refont surface parmi les jeunes et sont même popularisés auprès des non-Autochtones. Les chanteurs de gorge jouent pour le public, permettant ainsi de mieux faire connaître notre culture. Ce nouveau style d’interprétations n’existe que depuis une dizaine d’années dans le Sud, mais il gagne en popularité. Les jeunes enseignent ces formes d’expression musicale à d’autres jeunes et certains remportent du succès et font des tournées au pays et à l’étranger. Mais les chants de gorge changent de sonorités. Ce phénomène est dû au fait que les jeunes n’apprennent pas directement auprès des Aînés, mais de leurs amis. La maîtrise des chants de gorge exige de longues années. Il faut parfois toute une vie de pratique pour obtenir des sonorités équivalentes à celles des Aînés. Plusieurs chansons du répertoire ancien sont encore chantées, comme Qimmiruluapik et The Mosquito, mais chaque personne leur donne un son unique.

Le tambour a aussi changé, tant au niveau du style que dans les usages qui en sont faits. Traditionnellement, seuls les hommes battaient du tambour, dans certaines communautés. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes jouent du tambour, hommes et femmes. Des chorégraphies sont également greffées aux jeux de tambour pour donner un effet artistique aux performances sur scène. Le tambour était à l’origine une forme de musique improvisée. Il était également utilisé par les chamanes lors de pratiques cérémoniales. Le tambour est toujours utilisé à des fins de célébration, mais son utilisation à des fins spirituelles est en déclin. De nombreux jeunes jouent du tambour par intérêt et pour se divertir, ainsi que par sentiment de fierté envers notre culture traditionnelle.

Kendra Tagoona,
Inuit urbain d’Ottawa,
originaire de Baker Lake, au Nunavut

La quête

Les traditions ont changé. Beaucoup d’anciens qui ont porté nos traditions sont maintenant partis, mais ils m’ont appris que si je veux en savoir plus sur moi-même ou sur ma culture, il est de ma responsabilité de partir à la quête de ces connaissances. Les connaissances sont toujours là. Lorsque j’étais jeune, c’était comme ça pour moi. C’était à moi de sortir et d’apprendre, afin de trouver les enseignements que je cherchais.

La prière m’a aidée à traverser de nombreux changements. J’ai appris cela de mes Aînés. De plus, j’ai appris beaucoup de choses sur moi-même en participant à des cérémonies. Ces cérémonies et ces connaissances ne sont pas disparues. Les gens partagent et enseignent des connaissances et des histoires traditionnelles. Ils aident les autres, des gens comme moi, à guérir. Pour montrer notre reconnaissance pour ces dons de connaissances, je crois que nous devons aider nos jeunes.

Trina Shirt
Pied-Noir/Crie
Réserve de Saddle Lake

En résumé

Il est intéressant de voir comment les gens continuent d’entourer la narration d’histoires de rituels. J’ai récemment demandé à un ami s’il souhaitait partager une histoire pour ce site. Il a accepté, mais il a dit qu’il devrait d’abord me chanter une certaine chanson.

Il y a des moments où nous sommes submergés par les expériences de la vie, et où nous avons besoin d’outils pour nous reconnecter à nous-mêmes, à notre peuple et à notre culture. Ces outils peuvent être des histoires, des symboles, des chansons, des danses, des cérémonies ou des relations. Nous devons rester connectés à l’endroit d’où nous venons et à qui nous sommes. Cela aide beaucoup d’entre nous à équilibrer nos vies au quotidien.

Les connaissances sont toujours là

Les traditions ont changé. Beaucoup d’anciens qui ont porté nos traditions sont maintenant partis, mais ils m’ont appris que si je veux en savoir plus sur moi-même ou sur ma culture, il est de ma responsabilité de partir à la quête de ces connaissances. Les connaissances sont toujours là. Lorsque j’étais jeune, c’était comme ça pour moi. C’était à moi de sortir et d’apprendre, afin de trouver les enseignements que je cherchais.

La prière m’a aidé à traverser de nombreux changements. J’ai appris cela de mes Aînés. De plus, j’ai appris beaucoup de choses sur moi-même en participant à des cérémonies. Ces cérémonies et ces connaissances ne sont pas disparues. Les gens partagent et enseignent des connaissances et des histoires traditionnelles. Ils aident les autres, des gens comme moi, à guérir. Pour montrer notre reconnaissance pour ces dons de connaissances, je crois que nous devons aider nos jeunes.

Trina Shirt
Pied-Noir/Crie
Réserve de Saddle Lake

This project was made possible with the support of the Department of Canadian Heritage through Canadian Culture Online
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