La Femme-Ramage

Les Ojibwés entretiennent une légende célèbre qui raconte comment le tambour de pow-wow cérémonial est parvenu à leur peuple par l’entremise d’une Sioux nommée Femme-Ramage. William Bineshi Baker, père, artisan ojibwé fabricant de tambours de la réserve du lac Court Oreilles dans le nord du Wisconsin, a couché cette histoire sur papier dans une lettre à Thomas Vennum en 1970. Thomas Vennum déclare que William Bineshi Baker a commencé à apprendre les traditions entourant les tambours sur les genoux de son père. (Vennum, 1982: 8.)

La vision de la Femme-Ramage

Voici l’histoire de l’origine du tambour cérémonial des pow-wow. C’était la première fois que les soldats blancs massacraient les Indiens. À cette époque, une femme sioux, Femme-Ramage, avait donné quatre de ses fils à son peuple pour combattre. Mais elle a perdu ses quatre fils dans un massacre. Elle s’est enfuie après avoir appris que son peuple était en train de perdre la guerre. Les soldats l’ont poursuivie, mais elle a couru jusqu’à un lac. (L’emplacement du lac n’est jamais mentionné dans la « prédication » décrivant l’histoire du tambour.) Elle est entrée dans l’eau et s’est cachée sous les nénuphars. Le Grand Esprit est venu à elle et lui a dit : « Il n’y a qu’une seule chose que tu puisses faire. »

Il lui a fallu quatre jours pour transmettre toutes ses instructions à la Femme-Ramage. Le vent retournait les feuilles de nénuphar afin qu’elle puisse respirer et observer pour voir si quelqu’un approchait. Personne ne s’est approché. Elle n’a rien entendu d’autre que le son, mais elle s’est souvenue de tout ce que le Grand Esprit lui avait dit. Le quatrième jour, à midi, elle est sortie et est allée voir qui de son peuple avait survécu à la bataille. (La date de cet événement est inconnue.) Le Grand Esprit lui avait dit quoi faire : « Dis aux gens de ton peuple, s’il en reste (et il lui a dit que c’était bien le cas)… Dis à ton peuple de fabriquer un tambour et répète-lui ce que je t’ai dit. » Le Grand Esprit lui a également enseigné des chansons, et elle a expliqué aux hommes comment les chanter. « Ce sera la seule façon d’empêcher les soldats de tuer notre peuple. »

Alors, son peuple a suivi ses instructions. Quand les soldats qui massacraient les Indiens ont entendu le son du tambour, ils ont déposé les armes, sont restés immobiles et ont arrêté le massacre. Encore aujourd’hui, les Blancs assistent toujours volontiers à un pow-wow.

Ce tambour de pow-wow s’appelle « tambour sioux » en français et « bwaanidewe’igan » en ojibwé. Il a été placé sur la Terre avant la conclusion de la paix avec les Blancs. Une fois que les Blancs ont vu ce que les Indiens en faisaient et qu’ils s’amusaient (les Indiens n’avaient pas le temps de se battre), les Blancs ont cessé les combats. Après tout cela, les Blancs ont conclu des accords de paix avec les Indiens. Ainsi, les Indiens ont poursuivi la tradition des pow-wow. C’est parce que la femme sioux a perdu quatre fils à la guerre que le Grand Esprit est venu lui dire de fabriquer le tambour, afin de montrer que les Indiens avaient aussi un pouvoir, qu’ils gardent secret. (William Bineshi Baker, père, cité par Vennum, 1982 : 44-45.)

This project was made possible with the support of the Department of Canadian Heritage through Canadian Culture Online
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