Barbara Croall

Née en 1966, la compositrice odawa Barbara Croall (île Manitoulin, Kineu Dodem) est active sur la scène internationale. Ses œuvres sont jouées partout au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en Europe et en Extrême-Orient. À cinq ans, elle jouait du pipigwan (flûte autochtone) et du tambour appelé dewe’igan.

En plus de jouer, d’interpréter et de composer des œuvres pour flûtes traditionnelles autochtones et de chanter dans des cérémonies traditionnelles, Barbara Croall s’appuie sur une formation classique. Elle a obtenu le diplôme d’associate (ARCT) en interprétation au piano du Conservatoire royal de musique (Toronto). Après avoir obtenu un baccalauréat en musique (composition) de l’Université de Toronto et reçu le prix Glenn Gould en composition (1989), elle a poursuivi ses études en Europe. Elle a obtenu des diplômes du Centre Acanthes en France et de la Musikhochschule de Munich, en Allemagne. Parmi ses éminents mentors européens figurent Peter Maxwell Davies, Robert Saxton et Helmut Lachenmann.

Avant même la fin de ses études en Europe, Barbara a été nommée compositrice résidente de 1998 à 2000 auprès de l’Orchestre symphonique de Toronto, où ses œuvres ont été interprétées sous la direction du chef finlandais Jukka-Pekka Saraste. Parmi ces œuvres, mentionnons The Four Directions, où les quatre vents jouent les rôles de « personnages sonores » transformationnels conformément à la vision des Anichinabés contemporains, ainsi que When Push Comes to Shove, une œuvre dédiée à sa tante qui s’est enlevé la vie à vingt-cinq ans après avoir subi le harcèlement continu de ses collègues masculins dans les entreprises où elle avait travaillé d’arrache-pied jusqu’à devenir la seule femme (et la seule Anichinabée) au sein d’un groupe de cadres de niveau supérieur dans une société internationale.

Barbara Croall a composé la musique de scène et le thème musical des cérémonies d’ouverture des Jeux autochtones de l’Amérique du Nord 2002 à Winnipeg. Par la suite, ses œuvres musicales, qu’elles soient composées pour des solistes, des ensembles de chambre, des orchestres, des films au cinéma, des pièces de théâtre, des spectacles de danse ou des spectacles interdisciplinaires faisant souvent appel à des musiciens autochtones, ont été créées et présentées dans de nombreux festivals internationaux, dont le Festival de Morat (Suisse), le Festival d’Avignon (France), le festival de nouvelle musique aDevantgarde (Munich, Allemagne), les Aboriginal Music Days 2000 (Toronto, Canada), le festival de nouvelle musique Made in Canada (Massey Hall, Toronto), le festival international des arts Moto Perpetuo pour la sculpture, la poésie et la musique (Pescocostanzo, Italie), le festival de musique contemporaine Is Arti (Lituanie), Music Niagara (Canada), le festival de musique Comuarte (Palacio de Bellas Artes, Mexico), Northlands Exchange (Finlande), le Chamberfest (Ottawa, Canada), le Brott Festival (Hamilton, Canada) et le Festival Bach de Montréal (Québec).

Barbara Croall a fondé ERGO en 1999 pour promouvoir la création et l’interprétation d’une grande diversité de compositions contemporaines, en particulier grâce à des échanges avec des compositeurs de l’extérieur du Canada, en mettant un accent particulier sur les compositrices et musiciennes de diverses origines culturelles, dont les femmes autochtones. En 2000, ERGO est devenu l’ensemble résident de l’Université Columbia, sous la direction et le mentorat du compositeur français Tristan Murail. En 2006, ERGO a invité à Toronto Gillian Karawe Whitehead, une compositrice maorie de renom, et Aroha Yates Smith, une érudite maorie de grande réputation, pour un concert spécial pour CBC Radio Two enregistré par David Jaeger au Glenn Gould Studio. Plusieurs œuvres de musique de chambre de Gillian Karawe Whitehead, dont Hineteiwaiwa, une pièce commandée par ERGO, ont été interprétées lors de ce concert. Les deux invitées maories ont aussi participé à des séminaires éducatifs à la First Nations House de l’Université de Toronto. En 2008, ERGO a présenté les premières canadiennes d’œuvres de musique de chambre de la célèbre compositrice mexicaine Georgina Derbez. Par ailleurs, les enregistrements professionnels d’un certain nombre d’œuvres commandées et créées par ERGO ont valu de prestigieux prix et des distinctions à un certain nombre de compositeurs.

Pour promouvoir les activités artistiques et culturelles des femmes autochtones, Barbara Croall a fondé Women of the Four Directions (WFD), qui continue de présenter des concerts, notamment au Stratford Music Festival (2017) où Kontiwennenhá:wi, le groupe de chanteuses traditionnelles mohawk d’Akwesasne, a présenté une série spéciale de concerts pour « réindigéniser » pour la première fois l’espace extérieur Tom Patterson Island sur le terrain du Stratford Festival.

Barbara Croall a été présélectionnée en 2003, 2007 et 2012 pour le K. M. Hunter Award in the Arts, elle a reçu un Visual and Expressive Arts Program Award (National Museum of the American Indian, 2009) et elle a été mise en nomination pour un Dora Award (2012). Pendant ses études au Conservatoire royal de musique et à la Glenn Gould School (Toronto), Barbara a reçu de nombreuses bourses d’études, dont une bourse d’étudiante stagiaire de Frederick Harris Music Publishing, ainsi que des prix de la Fondation nationale des réalisations autochtones (FNRA). Elle a entre autres participé à des enregistrements et à des diffusions pour CBC Radio Two (In Performance et Two New Hours), CBC Radio One (Shift, Drive), Bayerishe Rundfunk – Bayern 3 (Allemagne), Deutsche und rätoromanische Schweiz (DRS-II), Radio France, la télévision nationale italienne et le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN).

Sa pièce Caribou Song (1999/2001), une composition de dix-huit minutes pour orchestre, narrateur et danseurs, était une mise en scène du conte pour enfants Caribou Song (Atihko Nikamon) de Tomson Highway, qui a ensuite été publié sous forme de livre par HarperCollins. D’abord commandée par l’Orchestre philharmonique de Scarborough dans le cadre du programme Millennium 2000 Project (sous l’égide de Nicholas Goldschmidt), cette pièce a ensuite été présentée en version « musique de chambre » au Manitoba en 2001. Lors d’un concert d’ERGO dans le cadre du Festival de Morat près de Berne en Suisse, les musiciens d’ERGO ont interprété cette version aux bois et aux percussions. L’Orchestre symphonique de Toronto l’a aussi reprise en 2002. Dans sa composition, Barbara Croall a transformé l’orchestre en caribou, en utilisant les instruments et les pieds des membres de l’orchestre pour donner vie au caribou. Abby Cote a écrit dans Birchbark News : « Imaginez le bruit de dix mille caribous qui se précipitent autour de vous pendant que vous regardez les gens exécuter une danse mythique. La musique et la danse s’agencent si parfaitement qu’elles vous transportent dans la toundra, où vous partagez le rire joyeux de deux enfants qui dansent pour appeler le caribou. »

Dans ses compositions, Barbara Croall puise dans la tradition orale anichinabée qui est à la base de ses pièces, des chansons simples comme des berceuses aux airs pentatoniques plus complexes qui comportent des coulés, des courbes de hauteur et l’inclusion des microtonalités naturelles de la hauteur de ton et une vaste gamme de sons timbraux disponibles dans la voix et sur certains instruments acoustiques comme le pipigwan (flûte en cèdre anichinabée) qu’elle utilise fréquemment dans ses œuvres. Peu importe l’instrument, elle aborde la composition d’une manière organique : elle travaille directement sur l’instrument et l’étudie d’abord en profondeur de manière à comprendre sa véritable nature et ses capacités sonores uniques.

Barbara Croall a étudié la théorie auprès de l’auteure de renom Grace Vandendool, puis de Walter Buczynski (élève de Nadia Boulanger), Samuel Dolin (élève d’Ernst Krenek et d’Élie Robert Schmitz), de Sasha Rapoport et d’Art Levine. Elle a ainsi appris à intégrer dans son propre langage musical les détails de l’harmonie et du contrepoint propres à la perspective européenne occidentale. Ses nombreuses œuvres exploitent une vaste partie du spectre harmonique et du spectre des hauteurs (incluant les hauteurs microtonales) et des possibilités contrapuntiques. On y retrouve aussi une micropolyphonie découlant de la densité des lignes et de son expérience d’écoute immersive des éléments de la nature, comme le coassement des grenouilles, le vrombissement des insectes, le chant des oiseaux ou les sons du vent, de l’eau, de la glace, du feu, etc.

Son œuvre la plus dense sur le plan des tonalités, When Push Came to Shove (1998-2000), pièce pour grand orchestre symphonique, recourt à des grappes d’accords massives (tutti orchestraux) comme autant de formes qui transforment l’architecture, ainsi qu’à des états hyperpsychologiques poussés à leur intensité maximale, puis à une transparence timbrale.

Barbara Croall reconnaît également l’influence indélébile qu’ont exercée sur elle les couleurs tonales et les structures d’accords qu’on retrouve dans la musique du compositeur français Olivier Messiaen, dont elle a interprété de nombreuses pièces pour piano, surtout tirées de la suite Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus.

Elle a aussi développé ses propres techniques de composition aléatoire et elle a intégré divers éléments d’improvisation dans la composition de ses œuvres pour solistes, de ses musiques de chambre et de ses pièces orchestrales. Dans de nombreuses œuvres, elle a créé ses propres textes poétiques dans les langues odawa et ojibwée, notamment pour son cycle de chansons théâtrales Bigiiwe (2006-2007) commandé par le Women’s Musical Club of Toronto pour la mezzo-soprano Marion Newman (Premières Nations Kwagiulth/Stó:lo), une œuvre qui traite du génocide culturel et des abus sexuels dans le système des pensionnats au Canada.

Elle a souvent été nommée compositrice et invitée distinguée par des universités, dont l’Université Mary Washington (Virginie, 2006) et l’Université Wesleyan (2009-2010), où elle a été compositrice en résidence. À cette occasion, on lui a commandé une œuvre sur le thème des changements climatiques. Cette œuvre a ensuite été interprétée au Canada par l’Orchestre symphonique de Winnipeg, l’Orchestre académique national du Canada et l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo.

En 2002, elle a été compositrice en résidence au Centre des arts de Saint-Norbert au Manitoba. C’est là qu’a été présentée The Meeting Point of the Seven (2002), son œuvre théâtrale interdisciplinaire et multimédia en plein air, basée sur les sept enseignements sacrés du grand-père et adaptée au site. Cette œuvre « aborde l’histoire et le temps comme s’il s’agissait d’un transparent à plusieurs couches, où le passé, le présent et l’avenir se croisent et interagissent les uns avec les autres. »

Barbara Croall a aussi été compositrice en résidence pour le Niagara International Chamber Music Festival à plusieurs reprises depuis 2004.

En 2014, elle a été conférencière invitée pour la série de conférences commémoratives Lisa Waxer à l’Université York. Elle y a discuté du lien entre les croyances de la Midewiwin, les chants des femmes, les modes de vie traditionnels et les méthodes utilisées par les Anichinabés pour la gestion écologique des eaux du bassin des Grands Lacs et de leurs tributaires.

En 2017, elle a été compositrice vedette invitée au Strata Festival de Saskatoon, en Saskatchewan. La pièce de musique de chambre qu’elle a composée pour ce festival, Waasa (Au loin, 2017) prenait la forme d’un récit musical présentant le périple d’enfants des Premières Nations qui sont morts en tentant de s’échapper des pensionnats. La mère de Barbara Croall, une survivante des pensionnats indiens, a raconté avoir vu d’autres enfants s’enfuir, être capturés et sévèrement punis, puis disparaître et mourir, pendant qu’elle fréquentait l’école, à près de huit cents kilomètres de sa réserve.

Parmi ses œuvres récentes très acclamées, mentionnons Mijidewinan (Messages), une œuvre de quinze minutes en dix épisodes pour orchestre symphonique et soliste et joueur de flûte traditionnelle anichinabée comportant des chansons et des textes originaux en odawa et en ojibwé. Créée en 2009 par le Wesleyan University Orchestra (Middleton, Connecticut), cette œuvre a aussi été interprétée par l’Orchestre académique national du Canada en 2015, puis par l’Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo en 2018. Barbara Croall a écrit, à propos de cette œuvre, qu’elle « suit la trajectoire du soleil, qui joue un rôle important dans de nombreuses cérémonies des Premières Nations… On commence dans l’obscurité totale avant que le soleil ne commence à se lever, puis on se déplace au gré de l’ascension graduelle et, éventuellement, de la descente graduelle du soleil. À la fin, on retourne dans les ténèbres, mais cette fois, les ténèbres sont percées de la lumière d’une multitude d’étoiles qui brillent au-dessus de nos têtes depuis le monde des cieux, comme autant de témoins des intuitions, de la sagesse et des conseils des temps anciens que recèle l’agencement des étoiles qui ont toujours été là-haut pour nous… Pour nous montrer comment vivre en équilibre, ici-bas, sur la Terre. »

En 2017, elle a composé son premier opéra de musique de chambre, Wiikondiwin. Ce mot signifie « festoyer ». L’idée et le concept de cette œuvre proviennent des expériences de Barbara Croall, qui a grandi dans la nature, qui a travaillé comme éducatrice dans le domaine de l’éducation environnementale en plein air et qui a reçu des visions lors de cérémonies de jeûne dans les forêts profondes du Manitoba et de l’Ontario tout au long de sa vie. Elle s’est aussi inspirée des enseignements traditionnels des Aînés anichinabés. C’est d’ailleurs sous la direction des Aînés de sa famille et de sa communauté qu’elle a rédigé le livret en odawa, en français métis et en anglais. Wiikondiwin traite des pouvoirs de transformation et de voyage dans le temps d’animaux de la forêt partis en mission pour sauver le monde de la destruction causée par les humains.

En 2018, Saia’tatokenhti: Honouring Saint Kateri, son œuvre de théâtre orchestral à grand déploiement commandée par l’Orchestre de chambre McGill et le chef d’orchestre Boris Brott, a été le fruit d’une collaboration avec les communautés mohawks de Kahnawake et d’Akwesasne pour honorer sainte Kateri Tekakwitha, célèbre Mohawk et première Autochtone nord-américaine canonisée (2012). Cette œuvre multimédia de trente-cinq minutes s’inscrivait dans un projet dans le cadre du programme Nouveau chapitre créé à l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération. Ce projet était soutenu par le Conseil des Arts du Canada. L’œuvre qui en a découlé fait appel à un orchestre qui joue en direct et elle s’appuie sur la narration dramatique d’un texte original en langue mohawk écrit par le spécialiste et auteur mohawk Darren Bonaparte d’Akwesasne. On peut y entendre et y voir des chanteurs d’hymnes traditionnels mohawks et des danseurs mohawks des Six Nations. La mise en scène théâtrale et les chorégraphies originales sont signées par le chorégraphe autochtone colombien Alejandro Ronceria. Le spectacle s’appuie aussi sur des projections cartographiques numériques en trois dimensions et des éclairages à la fine pointe de la technologie conçus par Isaac Rayment. Les premières mondiales données en octobre 2018 à l’église de Kahnawake, où se trouve la tombe de sainte Kateri, et à l’église Saint-Jean-Baptiste de Montréal, ont marqué cette occasion historique de rendre hommage à la sainte.

Barbara Croall est également honorée de figurer parmi les compositeurs à avoir reçu une commande de l’ensemble Made in Canada dans le cadre de son projet novateur Mosaïque Project (2018-2020), qui mènera à la constitution d’une suite de quatuors pour piano préparés par quatorze compositeurs de toutes les régions du Canada pour célébrer la diversité culturelle et les paysages variés du pays. Ce projet comporte un volet où l’on invite le public à participer à la création d’œuvres sur des appareils iPad tout en écoutant des spectacles sur scène dans de nombreuses collectivités au cours de la tournée pancanadienne du projet. Cette commande est financée grâce à la bienveillance et à la générosité de Kris Vikmanis et Denny Creighton de Toronto.

En novembre 2018, une nouvelle œuvre de Barbara Croall, Zasakwaa (Il y a de fortes gelées, 2018), composée spécialement pour la mezzo-soprano québécoise de renommée internationale Julie Boulianne et le flûtiste solo de l’Orchestre symphonique de Montréal Timothy Hutchins et reposant sur un texte poétique original que Barbara Croall a composé elle-même en odawa, a été créée à Montréal par l’Orchestre de chambre McGill sous la direction du maître Boris Brott, qui avait demandé cette œuvre.

Barbara a travaillé avec des chefs d’orchestre internationaux de premier plan, dont Simon Streatfeild (Angleterre/Canada) Jukka-Pekka Saraste (Finlande), Andrei Feher (Canada/Roumanie), Elgar Howarth (Angleterre), Andrew Mickelthwate (Allemagne/Canada), Alex Pauk (Canada), Alain Trudel (Québec), Boris Brott (Canada), Tania Miller (Canada), Eric Paetkau (Canada), Fabio Mastrangelo (Italie/Russie), Judith Yan (Canada), Gillian MacKay (Canada) et David Bowser (Canada).

Les premières de nouvelles œuvres de Barbara Croall sont prévues pour 2019. Un oratorio intitulé Miziwe… (Partout…) en odawa (avec quelques parties en ojibwé) pour le chœur Pax Christi sous la direction de David Bowser, avec la soliste Krisztina Szabo (mezzo-soprano), Justin Welch (baryton), Rod Nettagog (chanteur traditionnel ojibwé) et Barbara Croall elle-même (chant et pipigwan); un nouveau concerto pour timbales et orchestre de chambre avec Thirteen Strings (Ottawa) mettant en vedette le timbalier Ed Reifel, sous la direction du maestro Kevin Mallon, ainsi que de nouvelles œuvres pour chœurs d’enfants (textes distincts en langues algonquine et odawa), pour chœurs d’adultes (texte original de Barbara Croall en odawa) et pour petits ensembles de chambre.

Dans la presse – Acclamations de la critique

À propos de When Push Came to Shove (1998/2000) pour grand orchestre symphonique

« Un sentiment d’effondrement musical et spirituel, à la fin, donne à cette pièce une forme et une direction puissantes… Le jeu des instruments à cordes qui rappelle les grattements d’animaux, l’utilisation rituelle du tam-tam, l’impulsion frénétique des grosses caisses et des timbales qui y insufflent la vie… Au bout du compte, l’œuvre de Croall s’est imposée comme le point culminant de la soirée. Chapeau à cette jeune compositrice douée. » – The National Post (Canada)

À propos de Dagwaagin (C’est l’automne, 2008) pour grand orchestre symphonique et interprète anichinabée

« Le concert s’est ouvert sur une œuvre intitulée Dagwaagin, une pièce commandée à la compositrice Barbara Croall, qui en a également narré la poésie en anichinabé. Le terme “onomatopée” désigne des mots qui imitent les sons qu’ils décrivent. Le mot “murmure” en est un bon exemple. Dans cette œuvre, Croall tente de dépeindre musicalement les sons de la nature, en particulier ceux propres à l’automne. Elle ne voit pas seulement la nature, elle la ressent. Elle a ainsi pu saisir l’essence même de la nature. Cette pièce est si vivante que le public la ressent lui aussi. Le chef d’orchestre Martin MacDonald et l’Orchestre académique national du Canada ont interprété sa composition avec une tendresse à la limite de la vénération. La finale était renversante d’émotion. » – Ontario Arts Review

À propos de Stories From Coyote (2000) pour conteur autochtone et orchestre
« Les histoires étaient à la fois intéressantes et amusantes, et la musique était fascinante, car les musiciens exploitaient leurs instruments de façons uniques pour obtenir les sons de la forêt évoqués par la compositrice. » – Kamloops This Week (Kamloops, Colombie-Britannique)

« (…) Le public a eu l’occasion d’assister à la première mondiale de la musique commandée par l’orchestre dans le cadre d’un projet du millénaire… Dans cette œuvre foisonnant de cris d’oiseaux, de bruissements du vent à travers les arbres et de craquements de la glace sous les pas, les sons modernes sont produits à l’aide de hochets, de tambours et diverses parties d’instruments plus conventionnels. » – The Daily News (Kamloops, Colombie-Britannique)

À propos de Noodin (1999) pour deux flûtes
« Deux flûtes se poussent l’une l’autre vers un typhon, à coups de bruissements, de rugissements, de sifflements, de coups de tonnerre et de frissons. Le son ne s’éteint qu’à l’issue d’une danse orgiaque. Ne reste ensuite qu’un léger jeu de vent, un murmure. » – Süddeutsche Zeitung (Allemagne)

« La pièce Noodin de Croall pour deux flûtes s’est démarquée vendredi. Son titre vient apparemment de la langue ojibwée/odawa et signifie “Il vente”. Brillamment écrite et brillamment interprétée (…), la pièce a capturé, sans toutefois la dompter, la force élémentaire du vent, de l’esprit et de la nature… Une vaste gamme de dynamiques, de couleurs et d’émotions reposant sur l’utilisation de “crachats” percussifs, de flatterzunge, de “cris” et, à la fin, de sons éthérés rappelant ceux de l’électroacoustique ou les cris cristallins de l’aigle… La pièce de Croall était saisissante du début à la fin. » – The National Post (Canada)

« Une nouvelle œuvre de la compositrice autochtone canadienne Barbara Croall a complètement conquis le public des concerts de l’Orchestre symphonique de Windsor au Capitol Theatre… La première mondiale de Wezoowaad Anang (Étoile filante) de Croall, un portrait musical et dramatique du chef chaouanon Tecumseh. L’œuvre de Croall est composée de treize vignettes présentant la vie du grand chef autochtone, de sa naissance à ses batailles aux côtés des Britanniques pendant la guerre de 1812. Il a été tué près de l’actuelle Thamesville, à l’est de Chatham, en 1813… Cette commande de l’Orchestre symphonique de Windsor a mené à la création d’une œuvre scénique convaincante… » – The Windsor Star

Discographie

Zaagi’diwin Nagamon (Chanson d’amour), album Journey in Brass, Hannaford Street Silver Band, ODR 7451 (2017)

This project was made possible with the support of the Department of Canadian Heritage through Canadian Culture Online
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